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Dossier PetroCaribe: Quand Laurent Lamothe lèche les bottes de celui qu’il a appelé le petit paysan du Trou du Nord

Haïti est un pays jeune, féminin et paysan ; c’est aussi sa chance. À condition d’écouter ces jeunes, ces femmes et ces paysans, d’appuyer leurs revendications et leurs organisations, de travailler avec elles… À condition aussi que la pauvreté généralisée ne fasse pas écran aux inégalités – Haïti est l’un des pays les plus inégalitaires au monde –, qui (re)produisent et organisent cette pauvreté. Or, si – comme avant lui, Martelly –, Jovenel Moïse se définit comme un « outsider », il est, en réalité, un homme du sérail. Il représente cette oligarchie, qui fait et défait la classe politique, et dont les richesses et les pouvoirs sont basés sur la pauvreté de la population et la dépendance du pays.

L’alliance élite nationale/étranger fait partie de la trandition et de la réalité des pays sous-developpés depuis belles lurettes. Nos voisins de la République Dominicaine ont réussi à batir une forme de démocratie fonctionelle en même temps que les masses sont dotées des moyens de vivre, franchement décentes à l’instar de pays réputés avancés. Cependant, l’élite haïtienne n’a jamais été interessée dans le bien-être du peuple et de la nation pour favoriler un climat propice au progrès et au development. De préférence, elle a toujours courtisé l’appui de l’international afin de proteger ses interets mesquins au mépris de ceux des masses.

La mesquinerie de l’élite haïtienne s’est révélée à plusieurs reprises dans le passé. N’a t-elle pas supporté l’invasion du pays au début du 19e siècle? N’a t-elle pas soutenu l’invasion de Bill Clinton à la fin du même siècle? Ne soutient elle pas aujourd’hui la Minustah qui a été à la base de l’épidemie de cholera qui a causé des milliers de morts au pays sans parler des violes et executions sommaires perpétrées par les agents de cette organization dont l’utilitée ou l’importance pour pays n’est toujours pas justifiée? L’élite haïtienne est donc une élite apatride et mesquine qui s’arrange toujours aux côtés des ennemis du peuple et du pays.

Né en 1968 à Trou-du-Nord, Jovenel Moïse se présente comme « un petit paysan qui réussit ». Il était inconnu sur la scène politique lorsque Michel Martelly l’a choisi comme dauphin. Ce producteur de bananes imaginaire est à la tête d’une plantation de mille hectares. Il veut relancer le secteur de l’agriculture, en créant dix zones de production pour l’exportation, et reconstituer l’armée, dissoute en 1995 par Jean-Bertrand Aristide. Bénéficiant de l’appui de la plupart des familles riches de l’oligarchie haïtienne et du soutien discret d’entreprises de la République dominicaine voisine, Jovenel Moïse a disposé de moyens financiers beaucoup plus importants que ses compétiteurs. Selon Pierre Espérance, militant des droits de l’homme, Jovenel Moïse a dépensé plus en publicité que les vingt-six autres candidats réunis.

Laurent Lamothe estime qu’en désignant Jovenel Moise comme candidat à la présidence sous la bannière du PHTK Michel Martelly a fait ‘’son choix’’.

En effet, M. Lamothe regrette que le chef de l’Etat n’ait pas choisi quelqu’un qui soit à même de gagner aux élections présidentielles

Tout l’enjeu de la lutte de classe est de restaurer la dignité humaine de sorte que le peuple haïtien en lutte participe pleinement à l’élaboration de son destin et à l’exercice du pouvoir pour la transformation radicale de l’appareil d’Etat.

Seules les masses laborieuses organisées peuvent épargner au pays les pénibles épreuves de l’impunité et de la continuité dans le malheur.

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